BNT english

entêtes cell2

jeudi, 09 juin 2016 09:53

Le danger des « selfies »

Écrit par
Évaluer cet élément
(1 Vote)

La force d’attraction de l’autosuffisance

Chaque matin, au réveil, une partie de chacun de nous s’imagine autosuffisante. Capable de compléter sa journée en comptant sur ses capacités, ses talents, ses ressources propres. Pas besoin des autres. Pas besoin de faire des compromis par rapport à nos objectifs. Pas besoin de mettre de côté un aspect de nos projets pour s’adapter à la présence d’un autre, qu’il soit un allié, un collègue ou même un ami. Pas besoin de ralentir.

On se lève. On va de l’avant. On fait ce qu’on a à faire. On atteint nos objectifs. On se réjouit du travail accomplis. On recommence.

Ça semble tellement simple. Ça semble tellement souhaitable n’est-ce pas ?

C’est peut-être pourquoi nous valorisons autant les personnes qui nous semblent capables de réaliser de grandes choses de façon indépendante. Ces gens qui se consacrent à la réalisation d’eux-mêmes de façon méthodique, sérieuse et résolue. On en fait souvent nos idoles. Ce sont des athlètes qui s’entrainent avec intensité pour gagner une médaille. Des artistes qui suivent une trajectoire originale et qui sont reconnus. Des entrepreneurs persistants qui concrétisent une idée audacieuse et gagnent le respect.

Personne n’est une île

Or, on oublie souvent que l’autosuffisance est une apparence. Les plus grands athlètes, les artistes les plus reconnus ou les entrepreneurs les plus respectés ne sont pas des îles. Ils sont les premiers à le reconnaître. De leur propre aveu, sans leur entourage, ils ne sont rien. Ils mettent toujours en valeur leur entraîneur, leur famille, leur mentor, leurs héros personnels, leurs employés,… bien avant eux-mêmes.

Chacun d’eux avoue d’emblée avoir eu besoin des autres pour réussir.

Personne n’est une île.

Un réflexe à développer

Dans mon esprit ce principe s’applique à nos communautés, à nos villages et à nos villes autant qu’aux personnes qui y habitent.

Bien sûr, chacune de nos communautés pris isolément compte de formidables attraits, des entreprises novatrices prometteuses et d’autres qui connaissent déjà le succès, des talents artistiques et sportifs qui suscitent l’admiration. Cela nous rend fier. Nous aimons en parler, nous aimons les faire connaître. C’est normal et c’est très bien.

D’un autre côté, si chaque communauté ne fait qu’exposer constamment ses attraits locaux, ses champions de l’entrepreneuriat, ses talents artistiques ou sportifs, fait-elle preuve d’un excès du sentiment d’autosuffisance ?

Poser la question, c’est peut-être un peu y répondre.

Nous avons le désir de développer une région transfrontalière forte, prospère et durable. Une des règles du jeu que nous nous sommes donné pour y arriver est justement de « traverser la frontière » aussi souvent que possible. D’aller vers l’autre pour mieux le connaître. De voir comment nous pouvons faire plus et comment nous pouvons faire mieux « ensemble ».

C’est pourquoi, lorsque je parle de l’Acadie des terres et forêts, je fais l’effort de  toujours mettre en évidence les succès d’autres communautés en plus de souligner les succès de la mienne. Dans mon esprit, cela renforce le message à l’effet que c’est en focalisant sur ce NOUS, plus inclusif, plus synergique et mieux interconnecté que l’on fera la démonstration que NOUS pouvons réussir ici.

C’est un réflexe à développer n’est-ce pas ?

Lu 3109 fois Dernière modification le jeudi, 09 juin 2016 10:01
Cyrille Simard

Géographe, entrepreneur, maire de la Ville d'Edmundston et membre du groupe de travail sur les communications pour l'Équipe des chefs de file de l'Acadie des terres et forêts. 

 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
      



Copyright © 2015 Réussir ici! - Tous droits réservés